Le « JOMO » est-il le remède contre le mal des réseaux sociaux ?

Parmi toutes les plateformes de réseau social qui ont un effet nocif sur la santé mentale, les experts pointent Instagram le plus souvent du doigt. C’est ici que les gens sont le plus en proie au syndrome « FOMO » — « the fear of missing out », soit la peur de manquer quelque chose — qui peut provoquer des sentiments d’infériorité, voire même vous pousser à imiter un mode de vie qui dépasse vos moyens. C’est pourquoi le fait de poser votre téléphone intelligent et de profiter du moment présent inspire une nouvelle tendance qui s’appelle le « JOMO », « the joy of missing out », soit la joie de manquer quelque chose.

Le FOMO, le YOLO et maintenant le JOMO

En dépit des efforts récents d’Instagram pour minimiser les effets négatifs des métriques d’engagement — la plateforme cache présentement  le nombre total de mentions « J’aime » sur les photos qu’affichent les utilisateurs —, vous avez peut-être remarqué une nouvelle fonctionnalité : le magasinage. Instagram n’est plus seulement une appli de partage de photo, mais un véritable centre commercial numérique.  Par exemple, si vous entrez dans l’onglet « Explorez » et commencez à taper sur des photos pour en apprécier l’esthétique, vous verrez ensuite des publicités pour des articles similaires que vous pourrez acheter directement sur la plateforme.

Bref, le « FOMO » n’a jamais été aussi proche de cet autre acronyme du carpe diem de la génération Y, le « YOLO » (« you only live once »), que les consommateurs utilisent souvent pour justifier des dépenses irréfléchies.

Si vous êtes souvent stressé par votre perception du mode de vie des autres, apparemment plus brillant que le vôtre, vous devriez peut-être songer à vous donner des instants de répit des réseaux sociaux pour profiter tout simplement du moment présent. C’est le concept de JOMO.

Que peut faire le JOMO pour moi ?

En poussant les gens à déconnecter du flux constant des expériences des autres et de l’influence des réseaux sociaux, le concept de JOMO commence à devenir de plus en plus populaire. Inventé en 2012 par Anil Gash, et ajouté au lexique du site Dictionary.com cette année, le JOMO devient un véritable mot d’ordre dans la culture numérique.

Dans une perspective de bien-être financier, le JOMO peut être un outil puissant pour vaincre ces désirs superflus, soit la pulsion matérialiste d’acheter au-delà de ses moyens, et pour vivre plus simplement.

Mais il y a plus :  le JOMO est une source d’inspiration pour les gens parce qu’il renvoie à une vision plus éclairée du bonheur, à un état de gratitude qui peut nous aider à nous libérer du bruit de la société consumériste, fondée sur la gratification immédiate, la compétitivité et la pression sociale. Jay Shetty, un conférencier-motivateur et ex-moine, dont les « bouts de sagesse » sont devenus viraux, a créé une vidéo sur le JOMO, qui parle de l’importance de gérer son temps avec plus de sérénité et d’intention.

Comment pouvez-vous intégrer un peu plus de JOMO dans votre vie de tous les jours ?

Comment atteindre la joie de manquer quelque chose

Vous trouverez ci-dessous quelques conseils à suivre, du plus simple au plus abstrait.

Prévoyez du temps sans technologie. Nous sommes tous accros à nos cellulaires. Il faut songer à limiter votre utilisation autant que possible, surtout si vous l’utilisez pour « tuer le temps ». Commencez votre sevrage quelques heures par jour. Laissez votre cellulaire dans une pièce de votre maison afin de casser cette mauvaise habitude de le consulter toutes les 10 minutes. Faire défiler des images et vidéos peut être agréable dans un premier abord, mais est-il nécessaire de suivre au-delà de 200 personnes ?

Méfiez-vous du paraître. Instagram n’est pas le mal absolu. Beaucoup utilisent cette plateforme pour rester en contact avec sa famille et ses amis. L’onglet Explorez, quant à lui, vous expose à une galerie infinie d’images souvent mises en scène ou retouchées et qui ne reflètent pas la réalité. Il est important de garder un œil critique lorsque vous visionnez ces contenus. Nombreux d’entre eux sont des contenus commandités vous poussant à la consommation. Ils sont souvent des annonces subtiles qui essaient de vous vendre un produit. Rappelez-vous que le vrai danger du syndrome FOMO est quand une version erronée de la réalité influence vos propres envies et désirs.

Éprouvez le pouvoir de la gratitude. Les campagnes marketing sur les médias sociaux font un excellent travail pour nous créer des besoins et nous faire vouloir des choses que nous n’avons pas. Lorsque des publicités ciblées apparaissent sur votre fil d’actualité, à côté des photos de vos amis, elles peuvent sembler encore plus accessibles et attrayantes.

Si vous avez de la difficulté à contrôler vos dépenses inutiles, essayez de prendre du recul et d’apprécier ce que vous possédez déjà. Comme le dit Jay Shetty, quand vous vous sentez comblé, vous ne pouvez pas être dans un autre état : vous ne ressentez plus cette envie d’assouvir des désirs inutiles quand vous êtes reconnaissant de ce que vous possédez déjà. L’approche de Marie Kondo concernant l’organisation de la maison est très simple : honorer les objets qui nous entourent. Pas besoin d’en rajouter !

Pratiquez la pleine conscience ou plénitude. Un des plus grands penseurs à avoir décrit et expliqué le pouvoir du moment présent est Eckhart Tolle. Son idée d’être un constant « observateur silencieux » de vos pensées et de vos émotions est un excellent outil pour mettre en avant la conscience de soi. En d’autres termes, FOMO et JOMO ne sont pas que des petits acronymes sympathiques. Une fois que vous avez un nom pour ce qui cause votre peur ou votre joie, vous êtes plus dans la capacité de contrôler votre état mental et mieux équipé pour chasser les pensées destructrices.

N’oubliez pas que le bien-être financier n’est pas seulement une question de chiffres. Établir un budget n’est que la partie visible de l’iceberg. Il faut comprendre les vraies raisons derrière vos habitudes de consommation. Pouvoir contrôler vos désirs inutiles exige de la volonté, de la patience et, par-dessus tout, de la conscience de soi.

Comment gérez-vous le syndrome FOMO (la peur de manquer quelque chose) et pratiquez-vous le JOMO (la joie de déconnecter) ? Ont-ils affecté votre bien-être financier ? Joignez-vous à notre conversation sur Facebook ou Twitter

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