Devrais-je emprunter sur ma maison pour en financer la rénovation ?

Quand le beau temps arrive, les rénovations résidentielles sont souvent au programme. Qu’on soit à la merci de la Dame Nature ou qu’on envisage des rénovations pour accroître la valeur de son domicile, les rénovations sont, hélas, une partie intégrante de la vie d’un propriétaire.

Bien que les Canadiens aient réduit leurs dépenses en rénovation résidentielle en 2018, les propriétaires préfèrent toujours entreprendre des rénovations au lieu de déménager. Et si on ne dispose pas d’un bas de laine bien garni pour payer les travaux, on se voit souvent contraint d’emprunter, et ce, sur la valeur nette de sa maison.

Peut-être songez-vous à un agrandissement, à un changement de revêtement extérieur ou même à des projets plus ambitieux. Quels que soient vos objectifs de rénovation, il est important de veiller sur votre budget et de limiter, autant que faire se peut, l’accumulation de dettes.

3 choses à faire avant de concevoir un projet de rénovation à crédit

Avant de vous laisser séduire par l’esthétique des travaux, il est essentiel d’en scruter le prix. Voici quelques étapes à ne pas rater :

  1. Discutez avec plusieurs entrepreneurs dans votre région et demandez-leur une soumission pour ce que vous avez en tête. Assurez-vous que vous faites affaire avec des entrepreneurs fiables qui pourront négocier avec vous sur le prix, l’échéancier et l’exécution des travaux. Commencez votre recherche sur le site de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), où vous trouverez des professionnels licenciés. Contactez-en plusieurs. Vous pouvez même leur demander des exemples de leurs travaux.
  2. Une fois que vous avez une bonne idée du prix de votre projet, vous pouvez établir un budget qui inclut le coût des matériaux, la main-d’œuvre et tout autre ajout (éclairage, évier, meubles, appareils électroménagers, etc.). Comme le suggèrent les pro, ajoutez 20 pour cent à ce chiffre, au cas où. Il faudra aussi prendre en compte toutes les interruptions dans votre routine durant les travaux. Par exemple, si vous refaites votre cuisine, vous aurez à acheter davantage de plats à emporter.
  3. Si vous comptez emprunter sur la valeur nette de votre maison pour mener le projet à bien, préparez votre maison pour l’évaluation. Mettez-vous à la place d’un acheteur potentiel : une fraîche couche de peinture et un bon nettoyage du jardin font toute la différence. Vous n’avez pas à dépenser une fortune en améliorations ; essayez plutôt de régler les derniers détails autour de la maison.

Passons maintenant à l’étape suivante. Quelle est la meilleure façon d’emprunter sur votre maison pour financer votre rénovation ?

Les marges de crédit hypothécaire (MCH)

À l’heure actuelle, les marges de crédit hypothécaire sont les prêts les plus populaires au Canada, en dehors des prêts hypothécaires traditionnels. Parmi tous les produits financiers disponibles, elles contribuent le plus au taux d’endettement personnel des Canadiens. Une MCH est pratique et flexible. Vous pouvez emprunter des montants importants, allant de 65 à 80 pour cent de la valeur nette de votre maison. Mais là où le bât blesse est dans le processus de remboursement.

Chose intéressante : une MCH est un type de produit financier qui rend automatiques les augmentations de limite de crédit. C’est-à-dire, à mesure que vous remboursez votre hypothèque (ou que la valeur de votre maison augmente), vous gagnez en équité. Autrement dit, la valeur nette de votre maison continue de croître. Cela vous permet d’emprunter davantage de fonds au fil du processus de remboursement. Voici le premier danger.

Le deuxième danger est dû à la nature flexible du mode de remboursement. Puisqu’une MCH est indépendante de vos paiements hypothécaires et fonctionnent à la manière d’une carte de crédit, beaucoup de Canadiens ne paient que les intérêts, soit le montant minimum, sans aborder le principal.

Le troisième danger à considérer est la variabilité des taux d’intérêt des MCH. Cela peut poser de vrais problèmes financiers si ceux-ci se mettent à grimper et votre budget s’avère déjà trop serré.

Deuxième hypothèque

Une deuxième hypothèque est un prêt sur valeur domiciliaire. Au lieu d’emprunter les fonds au besoin, comme c’est le cas avec une MCH, la somme totale du prêt est déposée directement dans votre compte en banque.

Tout comme le nom l’indique, une deuxième hypothèque est une nouvelle hypothèque, distincte de la première. Vous pouvez emprunter jusqu’à 80 pour cent de la valeur estimative de votre maison, moins le solde que vous devez encore sur votre première hypothèque. Vous devez donc régler deux paiements réguliers pour chacun des prêts.

Prenons un exemple. Si votre maison vaut 400 000 $ mais vous devez encore 300 000 $ sur votre hypothèque, le montant maximum que vous pouvez emprunter sera de 20 000 $. Le calcul est comme suit :

Valeur de votre maison 400 000 $
Montant maximum du prêt (400 000 $ x 80%) 320 000 $
Moins le solde de votre hypothèque 300 000 $
Limite de crédit sur le prêt sur valeur domiciliaire 20 000 $

 

L’avantage d’une deuxième hypothèque versus une MCH est que vous êtes obligé de faire des paiements réguliers à chaque mois. Tout comme une hypothèque ou n’importe quel autre prêt, une portion de vos paiements s’applique au principal. Le deuxième avantage est la praticité. Le fait d’avoir la somme totale à portée de main est certainement pratique quand vous êtes prêt à mettre le projet sur pied, mais soyez discipliné et suivez vos dépenses de près. Un budget de rénovation est indispensable.

D’autres types de prêt sur valeur domiciliaire

À l’instar d’une deuxième hypothèque, ces options vous donnent la possibilité d’emprunter jusqu’à 80 pour cent de la valeur estimative de votre maison moins ce que vous devez encore sur votre hypothèque.

  • Vous pouvez choisir de refinancer votre maison avant la date de renouvellement de votre hypothèque, ce qui veut dire que vous en brisez le contrat et que vous encourrez une pénalité pour paiement anticipé.
  • Vous pouvez attendre la date de renouvellement de votre hypothèque pour ensuite demander un prêt sur valeur domiciliaire.
  • Enfin, votre banque pourrait vous offrir un taux pondéré – ce qui signifie que le nouveau taux d’intérêt (possiblement plus élevé) pour votre prêt sera intégré au taux d’intérêt de votre hypothèque.

Quelle que soit la méthode que vous choisissez, votre prêt sera ajouté à votre solde hypothécaire, augmentant ainsi votre paiement mensuel. En ce qui concerne le taux d’intérêt, il peut être plus élevé ou moins élevé que votre taux actuel.

Les dernières choses à savoir avant d’emprunter sur la valeur nette de votre maison

  1. Souvenez-vous que chaque option ci-dessus impliquera de nouveaux frais comme l’évaluation de la maison, recherche de titre foncier, frais d’assurance et de notaire. Préparez-vous ainsi à vous acquitter de ces coûts supplémentaires.
  2. Prenez votre temps avant de prendre une décision. Prévoyez un budget réaliste qui incorpore le remboursement ponctuel de votre prêt.
  3. Empruntez le montant dont vous avez besoin, pas plus. Certes, vous pouvez emprunter 80 pour cent de la valeur nette de votre maison, mais cela ne veut pas dire que vous devez le faire. Limitez-vous à un budget et n’empruntez que ce que vous êtes en mesure de rembourser.

Avant de donner le feu vert à vos projets d’été, prenez le temps de pondérer toutes vous options et d’évaluer votre état financier actuel. Avez-vous déjà trop de dettes ?

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