La fin de l’été peut être un moment doux-amer pour la plupart des étudiants. Pour certains, une légère appréhension peut assombrir les derniers instants de liberté de la saison. Mais pas pour ceux qui s’apprêtent à entrer au collège ou à l’université. Parmi tous les moments de la rentrée scolaire, les premiers pas vers les études postsecondaires sont sans doute les plus excitants.
Parents : comment vous assurer que vos enfants sont pleinement préparés? Pendant qu’ils passent leur temps à planifier l’année incroyable qui les attend, leur enthousiasme peut rendre plus difficile à aborder la réalité du financement de leurs études. Mieux vaut donc bien préparer cette conversation sur l’argent.
Pour la plupart des étudiants universitaires, payer les études est une responsabilité partagée. Pour que tout se passe bien, il est donc important que les parents et les étudiants postsecondaires soient sur la même longueur d’onde. Si la micro-gestion de leurs dépenses vous fait passer pour un tyran, leur donner carte blanche peut entraîner d’autres dégâts.
Voici 10 conseils utiles pour créer une discussion constructive sur l’argent avec votre futur étudiant.
Comme parent, on doit enseigner à nos enfants des leçons d’argent tout au long de leurs vies, dès leur plus jeune âge et surtout après. C’est parfois compliqué les finances personnelles! Il faut leur donner un coup de pouce le plus souvent possible. Il est important d’établir des habitudes saines et sensées autour de l’argent, comment le bien dépenser, comment économiser et comment gérer toutes nos responsabilités financières. Lisez notre billet sur la littératie financière et les enfants.
C’est bientôt le jour-J. Les étudiants postsecondaires sont sur le point de commencer leur première année à l’université. Prenons un moment pour apprécier l’ampleur de cet événement dans leur vies. Les émotions sont probablement en hausse. La larme à l’œil, vous ressentez peut-être la peur de couper le cordon. Votre enfant est maintenant un jeune adulte qui deviendra de plus en plus indépendant dans les années à venir. Donnez-lui l’occasion de contribuer à cette discussion sur l’argent.
Commencez par fixer un moment où vous pourrez vous retrouver de manière conviviale et avoir un dialogue ouvert. « On aimerait parler de tes frais et dépenses pour l’année prochaine. Est-ce qu’on peut s’asseoir demain et regarder quelques chiffres ? » Cela donnera à votre enfant un peu de temps pour se préparer afin que le discours sur l’argent soit plus une conversation et moins un sermon.
Pour établir un budget pour l'année à venir, les parents et leurs enfants doivent bien comprendre ce à quoi ils s'attendent.
L'inflation entraînant une hausse des prix dans tous les domaines, il n'est pas surprenant que les coûts des études postsecondaires augmentent également. Pour l'année 2022/2023, les étudiants de premier cycle ont payé en moyenne 6 834 $, selon Statistique Canada. C'est une augmentation de 2,6% par rapport à l'année précédente.
Il y a aussi des coûts supplémentaires pour les étudiants vivant loin de chez eux pour la première fois. Les dortoirs coûtent entre 3 000 $ et 7 500 $ en moyenne à travers le pays. Vivre hors campus peut coûter encore plus cher, une enquête ayant révélé que les étudiants paient 25% de plus que la population générale lorsqu’ils vivent hors campus.
Calculer les dépenses sur une base mensuelle aidera votre enfant à apprendre à surveiller les dépenses et à en gérer les différents types : activités parascolaires, déplacements quotidiens, retour à la maison, livres, nourriture sur le campus, l’épicerie, les frais de scolarité, le loyer, etc.
Passez ensuite aux différents types de dettes étudiantes. Si votre enfant utilise du crédit pour payer ses études, assurez-vous que vous comprenez tous les deux comment les fonds empruntés seront utilisés. En général, la dette étudiante est considérée comme une « bonne dette », surtout lorsqu’elle sert à financer les besoins essentiels comme les frais de scolarité, les livres et les dépenses de base. Mais elle peut rapidement devenir une « mauvaise dette » si le crédit sert à financer un voyage de relâche ou des sorties au bar.
Assurez-vous également de bien comprendre les modalités de remboursement. Avec les prêts étudiants gouvernementaux, le remboursement ne commence qu’après l’obtention du diplôme. Mais avec les marges de crédit et les cartes de crédit, des paiements mensuels seront nécessaires pour couvrir les frais d’intérêts. C’est une excellente occasion de montrer à votre enfant comment configurer un paiement automatique — pourquoi pas à partir de l’un des vôtres? — dans les services bancaires en ligne.
Faire en sorte que cette partie de la discussion soit bilatérale. Parlez de la différence entre les besoins et les désirs et de l’importance de vous rappeler — en ai-je vraiment besoin ? — avant de faire un achat. Cela peut aider si vous lui partagez vos propres déclencheurs de dépense. Vous pouvez ensuite discuter de certaines tentations que votre enfant rencontrera à l’université : souper dehors, sorties aux bars, vêtements, Ubers, jeux vidéo, etc.
Utiliser de l’argent liquide est toujours un excellent moyen de limiter les dépenses, mais de nombreuses applications de budgétisation (comme Mint) enverront également des alertes et/ou notifications lorsque vous atteindrez un montant précis pour des catégories déterminées, comme l’alimentation et les courses en épicerie.
Les étudiants postsecondaires sont souvent à court de lousse et ce n’est pas toujours une mauvaise chose. De nombreuses leçons de vie importantes sont tirées d’une vie au budget restreint.
La nourriture fait partie des plus grandes dépenses dans le budget d’un étudiant. De nombreuses possibilités d’économies peuvent être trouvées en achetant stratégiquement en grande surface au lieu de magasiner sur le campus. Votre enfant a besoin de leçons de cuisine de dernière minute? Apprenez-lui à préparer leurs repas préférés pour qu’ils ne soient pas obligés de manger à l’extérieur. Cela vous permettra de profiter de quelques bons moments avant son départ.
Les bourses et les aides gouvernementales peuvent toutes deux être utiles. Pour obtenir un montant substantiel, il est recommandé qu’un étudiant présente entre 40 et 50 demandes de bourses. Cela demandera du temps et des efforts, mais il existe une grande variété de bourses correspondant aux intérêts et objectifs de chaque étudiant.
De plus, le gouvernement du Canada offre plusieurs formes d’aide financière destinées spécifiquement aux étudiants, notamment des subventions, des prêts étudiants et des bourses. Chaque province propose également ses propres programmes de soutien, avec des montants variables selon les résultats de votre demande.
Il y a des avantages et des inconvénients à occuper un emploi à temps partiel pendant les études postsecondaires. Vous devriez discuter avec votre enfant pour déterminer si cette option pourrait lui être bénéfique. Il existe de nombreux emplois à temps partiel sur les campus universitaires et collégiaux, ou à proximité, spécialement offerts aux étudiants.
Encourager votre enfant à travailler pendant ses études postsecondaires peut lui apporter bien plus qu’un simple revenu supplémentaire. Un emploi à temps partiel lui permettra également de développer ses compétences en gestion du temps, d’enrichir son curriculum vitæ et d’élargir son réseau.
Encouragez votre futur étudiant au collège ou à l’université à épargner pour son avenir. Même s’il n’a pas beaucoup d’argent à mettre de côté, chaque petit montant compte. Expliquez-lui que l’habitude d’épargner est plus importante que le montant lui-même. Placer un 20 $ excédentaire dans un compte d’épargne, comme un CELI, est une bien meilleure décision financière que de le dépenser en malbouffe. L’épargne est aussi essentielle pour constituer un fonds d’urgence lorsque des dépenses imprévues dépassent le budget.
Profitez de cette discussion pour aborder la différence cruciale entre la gratification instantanée et la gratification différée. C’est l’occasion de parler de ce qu’ils désirent vraiment : un nouvel ordinateur, un voyage, une voiture ? S’ils commencent à épargner maintenant, ils auront peut-être les moyens de s’offrir quelque chose d’important d’ici un an ou deux.
Mettez fin à la discussion sur une note positive. Partagez leur joie en leur racontant vos expériences en tant qu’étudiant ou pendant vos premières années d’indépendance. Quels défis avez-vous dû relever? Quelles sont les choses que vous souhaiteriez faire différemment?
Le but de cette discussion est d’ouvrir les canaux de communication afin que vous puissiez vous parler les uns aux autres tout au long de leur expérience étudiante. Votre enfant subira de grands changements au cours de sa première année d’université. Célébrez ces étapes positives vers l’âge adulte. Il y a des chances qu’ils aient encore besoin de vous et qu’ils se fient à vos conseils en matière d’argent.