Louer un logement, ça a du sens pour mes finances ?

Sur les marchés immobiliers actuels, il est de plus en plus difficile de dire que l’achat d’une propriété est nécessairement plus rentable que sa location. En effet, les risques économiques souvent évoquées dans les médias — les bulles immobilières, la prochaine récession ou le niveau record de l’endettement des ménages —, semblent faire pencher la balance en faveur des locataires.

Pourtant, cela ne signifie pas que l’achat d’un logement ne constitue plus un excellent investissement. Loin de là. Personne ne peut nier les avantages d’être propriétaire : être maître chez soi, la croissance de la valeur nette, les intérêts déductibles d’impôts, pour ne nommer que ceux-là. Ne prenez pas trop à la lettre non plus ce qui se raconte dans les médias quand vous évaluez votre propre situation financière. Enfin : qui sait vraiment ce qui va se passer ?

Tout ceci étant dit, nous pensons que la location est parfois le bon plan.

L’achat d’une propriété fait toujours partie du rêve canadien

En dépit d’un ralentissement dans les ventes immobilières sur le plan national, une grande portion de locataires (35 pour cent) croit toujours que le loyer « est un gaspillage d’argent ». Notre récent sondage sur Twitter a également trouvé que la plupart des gens louent (47 pour cent) non parce que la location relève d’une décision stratégique, mais parce qu’ils n’ont pas les moyens de payer la mise de fonds sur une hypothèque. Bref, les gens sont locataires parce qu’ils n’ont pas le choix. En fait, au Canada, 8 milléniaux sur 10 rêvent toujours d’être propriétaires.

Certes, l’attrait d’être propriétaire est indiscutable, mais contrairement à l’opinion commune, la location à long terme est tout à fait acceptable. Louer un logement ne veut pas dire, non plus, que vous jetez votre argent par les fenêtres.

Sur ce point, on ne manque pas d’exemples pour vanter la simplicité et la viabilité financière de la location à long terme. Or, les locataires doivent être disciplinés pour épargner et accroître leur valeur nette en dehors de l’immobilier.

À ce sujet, voici des conseils à suivre pour les locataires qui veulent se sentir plus en sécurité et renforcer leur mieux-être financier.

1. Donnez à votre budget plus de marge

La première chose que vous pouvez faire est d’arrêter de vivre de paie en paie. Avec les loyers qui augmentent à un rythme effréné partout au pays, il est extrêmement facile de tomber dans ce piège. Si vous recevez votre paie toutes les deux semaines, ce que vous encaissez à la fin du mois doit vraisemblablement couvrir la plus grande partie de votre loyer. Cela vous laisse avec une paie au milieu du mois pour les frais de subsistance, l’épargne et les envies.

Continuer ainsi vous laisse vulnérable, car sitôt arrivé dans votre compte, votre argent prend déjà la poudre d’escampette.

Le site consacré à la science et à la philosophie du budget, YNAB, a un conseil génial pour allonger le cycle de vie de votre argent. Ils appellent ça « vieillir » votre argent. L’objectif est d’utiliser l’argent du mois passé pour payer toutes les dépenses du mois en cours. Le concept est simple et une composante clé de la sécurité financière.

Comment faire ? Commencez par suivre vos dépenses de près afin d’avoir une bonne idée de combien d’argent quitte votre compte en banque à chaque mois. Mettez de l’argent de côté jusqu’à ce que vous ayez un peu plus de votre total mensuel. Une fois que vous aurez épargné 1,5 fois vos dépenses mensuelles (ayez patience), vous pourrez automatiser toutes vos factures, remboursements de dette et épargne au début de chaque mois. Vous vous sentirez ainsi plus en sécurité et vous ne raterez jamais un paiement.

2. Prenez de bonnes habitudes d’épargne

Le principal désavantage de la location est que le loyer constitue une dépense non récupérable. Vous ne reverrez jamais cet argent.

Du côté des propriétaires, surtout ceux qui empruntent au maximum, les hypothèques qui accaparent tout un budget ne sont jamais sages, mais les loyers qui en font autant chez les locataires sont encore pires. Puisque vous n’augmentez pas votre valeur nette par le biais de votre propriété, le besoin d’épargner est plus pressant. Mais combien faut-il épargner pour vous sentir sain et sauf ?

Un bon conseil à suivre est la règle des 50/30/20, où 50 pour cent de votre revenu est consacré aux besoins, comme le loyer et les charges vitales, 30 pour cent pour les désirs et 20 pour cent pour l’épargne.

Bien sûr, tout le monde connaît des situations financières différentes qui sont en constante évolution. Il y aura des mois où le fait d’épargner 20 pour cent de votre salaire est tout simplement impossible. Mais c’est durant ces périodes plus compliquées qu’il faut ancrer de bonnes habitudes. Il n’y a pas de honte à épargner 10 pour cent ou même 5 pour cent de votre salaire avec l’espoir d’en contribuer plus dans l’avenir. Toute l’astuce consiste à garder une portion de votre budget pour les économies et à évaluer vos dépenses, y compris vos besoins et désirs, sur une base régulière. Lorsque vous aurez maîtrisé cette habitude, vous pourrez apprendre à gérer différents comptes d’épargne (comme le REER et le CÉLI) et à choisir les bons véhicules d’investissement selon votre tolérance au risque.

3. N’oubliez pas l’assurance location

Beaucoup de locataires négligent d’obtenir une assurance location parce qu’ils croient, à tort, que l’assurance de leur propriétaire les protège en cas de dommages. C’est un malentendu courant. En réalité, vous êtes responsable du contenu de votre logement; l’assurance de votre propriétaire ne couvre que la structure de l’immeuble.

Selon le Bureau d’assurance du Canada, un quart de locataires québécois n’a toujours pas d’assurance habitation.

C’est un problème parce que les urgences et les coûts imprévus accompagnent souvent l’accumulation de dettes, ce qui rend les locataires particulièrement vulnérables. Rappel : l’avantage principal de louer votre logement est d’être libre d’hypothèque. Ce serait très dommage de devoir vous acquitter d’une facture avec une marge de crédit, ou pire, une carte de crédit. L’assurance habitation est en plus très abordable, commençant à quelques centaines de dollars par année, et s’avère une nécessité pour maintenir votre sécurité financière en tant que locataire.

Si vous cherchez à en savoir plus sur l’assurance habitation, le Bureau d’assurance du Canada offre des conseils impartiaux et gratuits.

4. Soyez flexible et réaliste avec vos objectifs financiers

Le meilleur avantage de louer un logement est certainement la flexibilité que cela vous fournit. Quand vous n’avez pas investi une portion considérable de vos économies dans une maison, vous êtes libre de déménager quand bon vous semble, de poursuivre des occasions professionnelles au loin et de diversifier vos investissements.

Cette flexibilité peut aussi se traduire par de nouveaux objectifs financiers. Peut-être un jour aimeriez-vous considérer l’achat d’une propriété, si cela convenait à votre mode de vie et si vous profitiez de la stabilité financière et personnelle que cela demande. Si vous êtes en paix avec la location à long terme, vous pouvez regarder l’immobilier d’un œil plus objectif que d’autres. Vous le ferez ainsi pour les bonnes raisons et non parce que vous avez peur d’être exclu du marché ou parce que vous êtes sous l’illusion que l’immobilier est un investissement sans faille.

Êtes-vous en train de peser les pour et les contre de la location ? Joignez-vous à notre conversation sur Facebook ou Twitter.