Un jeune couple apprend le coût de la pression sociale et de la surconsommation

Nous avons tous des amis qui mangent plus souvent au restaurant, ont de plus belles voitures, font de plus somptueuses rénovations. On peut facilement sentir qu’on ne profite pas autant que les autres. Selon un récent sondage de Charles Schwab, plus d’un tiers des répondants avouent que leurs habitudes de dépense sont influencées par les images et les expériences que partagent leurs amis sur les réseaux sociaux, soit le fameux « FOMO ». C’est le danger de la pression sociale qui peut pousser à la surconsommation et, parfois, jusqu’à la faillite.

L’histoire de la pression sociale et de ses effets sur nos finances personnelles n’est pas nouvelle, mais elle devient inspirante lorsqu’on est capable d’en tirer des leçons. Nous voulons à cet effet raconter une vraie histoire d’endettement qui porte non seulement sur une déclaration de faillite, mais surtout sur l’éducation financière qui l’accompagne.

L’effet de la pression sociale sur nos finances est réel. Selon un récent sondage, 35 pour cent des répondants ont dépensé au-delà de leurs moyens afin de prendre part à des expériences avec leurs amis.

Le récit nous vient de Louise Gagnon, syndic autorisé en insolvabilité de BDO, qui a récemment aidé un jeune couple à régler un problème d’endettement. Tous deux avaient des cartes et des marges de crédit qui dépassaient leurs moyens. Leurs paiements mensuels devenaient de plus en plus difficiles à rencontrer. Ils ne savaient pas comment s’en sortir.

Les dangers de la pression sociale et de la surconsommation

 
Pour des raisons de confidentialité, nous appellerons ces clients Daniel et Émilie, des pseudonymes. Ils gagnent tous deux un bon salaire et ont deux enfants. Le couple a une hypothèque, deux prêts auto et plus de 40 000 $ de dettes non garanties.

Comment en sont-ils arrivés là ? Nous avons posé la question à Louise. Elle sait d’expérience que les difficultés financières peuvent arriver à n’importe qui, mais elle tenait à partager l’histoire de ce jeune couple parce qu’elle présente des leçons à retenir face aux dangers de la pression sociale.

« Dans mon métier, j’aide toutes sortes de personnes à résoudre leurs problèmes d’endettement. Je sais bien que la dette ne fait pas de discrimination d’âge, de sexe ou autre. Mais dans le cas de Daniel et Émilie, leurs dettes étaient liées à la pression sociale et à la surconsommation. C’est un problème très répandu. Ils étaient pris dans cet engrenage à vouloir suivre tout le monde, à faire aussi bien que leurs voisins, leurs amis ou leurs collègues de travail. Tout le monde peut comprendre ces tentations-là. Elles arrivent à n’importe qui. »

— Louise Gagnon, BDO, Rimouski

C’est Daniel qui a appelé BDO, après avoir abandonné son deuxième emploi. Dans l’objectif d’alléger leur fardeau d’endettement, il s’était mis à travailler au-delà de 70 heures par semaine. Mais sa santé, tant physique que mentale, ne pouvait pas supporter autant d’heures de travail. Leur vie familiale commençait également à en ressentir les effets.

En arrivant au bureau de BDO pour leur consultation initiale, ils étaient visiblement stressés, surtout Daniel. Il a expliqué que leurs problèmes d’endettement avaient d’abord commencé il y a 5 ans, parce qu’il enviait un peu trop le train de vie de ses amis. À titre d’exemple, ceux-ci inscrivaient leurs enfants dans toutes sortes d’activités qui coûtaient cher et il ne voulait pas voir les siens manquer de telles expériences. À chaque fin de semaine, c’était un tournoi de hockey ou de basketball auquel il fallait participer, sans oublier la facture de l’hôtel, les frais d’essence et de restaurant pour accompagner l’équipe. Il y avait aussi les sorties entre amis et les vacances… La facture monte vite.

Comment la faillite a-t-elle pu alléger leur fardeau d’endettement ?

 
Au total, Daniel et Émilie avaient accumulé 45 000 $ de dettes non garanties. Ils avaient deux marges de crédit conjointes avec des soldes de 17 500 $ et 10 000 $. Daniel avait aussi deux cartes de crédit personnelles qui totalisaient 12 000 $ et 3000 $. Émilie, quant à elle, avait une carte de crédit personnelle avec un solde de 2500 $.

Louise leur a expliqué toutes leurs options possibles ainsi que les conséquences de chacune de ces options sur leur cote de crédit. Ils ont compris qu’ils avaient besoin d’un soulagement immédiat de leurs dettes et ont opté pour une déclaration de faillite.

Il est important de noter que Daniel et Émilie ont pu garder leur maison et leurs voitures. Leur faillite pouvait exclure leur hypothèque et leurs prêts auto parce que la valeur marchande de leur résidence et de leurs voitures étaient très similaires aux dettes reliées à celles-ci. Il suffirait de maintenir les paiements à jour pour tenir ces prêts à l’abri de la faillite. En effet, leurs problèmes d’endettement concernaient plutôt leurs dettes non garanties, c’est-à-dire les cartes et les marges de crédit.

Voici comment la faillite a apporté un grand soulagement à ce jeune couple :

Avant leur faillite, leurs paiements minimaux sur leurs cartes et marges de crédit revenaient à 1100 $ par mois. Avec une faillite, ils paieront 200 $ par mois sur une période de neuf mois et obtiendront ensuite une libération de toutes leurs dettes non-garanties.

Ils disposent maintenant des moyens de vivre décemment sans travailler 70 heures par semaine et pourront même commencer à cotiser à leurs comptes d’épargne, une excellente nouvelle pour leur future planification financière.

La faillite et l’éducation financière

 
Il faut comprendre que la faillite n’est pas une simple libération de vos dettes. Une éducation financière doit également accompagner le processus. C’est pourquoi le syndic autorisé en insolvabilité est là, à chaque étape du parcours, pour vous apprendre à mieux gérer vos finances. C’est un guide, mais aussi un expert en littératie financière qui s’investit dans l’éducation financière de ses clients.

En effet, un des plus gros défis à relever à la suite d’une faillite est la reconstruction de la cote de crédit. Pour Daniel et Émilie, ils avaient une très bonne cote de crédit avant de demander de l’aide pour leurs dettes. Mais elle est descendue beaucoup plus bas après la déclaration de faillite.

Un des nombreux conseils que Louise donne à ses clients, suite à leur libération de faillite, est de déposer la somme équivalente à leur paiement mensuel de la faillite dans leur propre compte d’épargne. Une fois qu’ils auront épargné 1000 $, par exemple, ils pourront demander une carte de crédit, tout en offrant cette somme à titre de garantie auprès de leur institution financière. C’est une première étape toute simple à faire pour rebâtir son crédit.

« Les gens qu’on aide ont souvent très peur des conséquences d’une faillite sur leur crédit. Nous ne leur cachons rien. Mais une mauvaise cote de crédit ne vous empêche pas de la rebâtir, ni d’améliorer votre santé financière, de commencer un programme d’épargne ou d’adopter de nouvelles habitudes de consommation. Ce sont ces bonnes habitudes qui vont vous servir pour le restant de vos jours, tandis qu’une mauvaise cote de crédit est temporaire. Il s’agit de faire la part des choses. »

— Louise Gagnon, BDO, Rimouski

Pour Daniel et Émilie, la faillite leur a permis d’appendre d’importantes leçons financières. Ils ont dû en parler avec leurs enfants, leur apprendre la valeur de l’argent, les dangers du crédit, mais aussi l’importance de vivre selon leurs moyens. Se comparer sans cesse aux autres est un exercice fatigant. Maintenant ils apprécient ce qu’ils ont et en sont bien soulagés.

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